Rendre le monde du travail plus mixte : les propositions de 25 réseaux économiques


lu dans le magazine ELLE, 16 février 2018

Le constat est sans appel : les femmes sont les grandes absentes de l'économie. En 2017, celles-ci représentaient seulement 1 % des personnalités les plus médiatisées en France dans le domaine du business*. Pour y remédier, 25 réseaux économiques ont présenté, jeudi 15 février, au siège de Google France leurs recommandations. L'objectif ? Que les femmes prennent (enfin) la place qu'elles méritent dans l'économie ! Voici cinq de leurs propositions.

Aujourd'hui, en France, les femmes représentent 3 % des PDG et 15 % des membres exécutifs des entreprises. Et seules 27 % des Françaises travaillent dans le secteur du numérique, une filière qui recrute. « Ce sont des chiffres trop faibles », alerte Claire Saddy, présidente de l'incubateur Les Premières. Dans les locaux de Google France, cette dernière avance devant Mounir Mahjoubi, secrétaire d'Etat en charge du numérique, et Delphine Geny-Stephann, secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances : « Si autant de femmes que d'hommes travaillaient ou montaient leur entreprise, la croissance en 20 ans pour la France serait de 9,4 %. » Face à ces inégalités, Claire Saddy s'est associée à 25 réseaux économiques. Un seul et même objectif les lie : la mixité dans le monde du travail. Pour y parvenir, les associations ont les unes après les autres présenté leurs propositions.

DÉVELOPPER LES RÔLES-MODÈLES FÉMININS

Et si MacGyver était une femme ? Selon le réseau « Elles Bougent », mettre en scène davantage d'héroïnes à la télévision permettrait aux jeunes filles de s'identifier et de les prendre pour modèles. Mais pas question que les femmes occupent des rôles moins valorisants que les hommes ! Au contraire, il s'agirait ici de montrer à l'écran une « Madame Dr House ». Dans la même veine, l'association 100 000 Entrepreneurs recommande de rendre obligatoire l'intervention de rôles modèles féminins dans les collèges et lycées. Sa déléguée générale, Béatrice Viannay-Galvani insiste : « Il est essentiel de sensibiliser la nouvelle génération à l'esprit d'entreprendre au féminin. Tout comme il est important de permettre aux jeunes filles de faire des choix d'orientation ambitieux et moins stéréotypés. »

RENDRE LE CAC 40 MIXTE

L'exemple vient d'en haut. C'est la conviction d' « En Mode Up! », une jeune pousse fondée à Lyon qui vise à rapprocher dirigeants de start-up et employés de PME et grands groupes. A ce jour, seulement une femme dirige une entreprise cotée à la Bourse de Paris : Isabelle Kocher, directrice générale d'Engie. Ce n'est pas assez pour Nicolas Antonini, co-fondateur de « En Mode Up! » qui propose de réinventer le CAC 40, le temps d'une journée : « Hack ton CAC ». Ce projet permettrait à des jeunes venus de tous horizons et de formations de composer leur propre CAC 40, et devrait sensibiliser la jeune génération à la mixité.

RÉCOMPENSER LA FÉMINISATION DES ENTREPRISES

Sanctionner les entreprises qui ne respectent pas la loi sur la féminisation des instances dirigeantes, c'est bien. Mais pourquoi ne récompenserait-on pas les bons élèves ? C'est ce que propose l'incubateur « Les Premières ». Ainsi, toute entreprise « modèle » aurait le droit à des avantages, notamment en matière de financements. Par exemple : l'allongement d'un an de la durée de prêt, ou encore la baisse du taux d'emprunt.

CONSULTER LES FICHES DE PAIE DES HOMMES

Les inégalités de salaires persistent toujours. Pour y mettre fin, l'association « Dirigeantes Actives 77 » s'est inspirée du modèle allemand et préconise de permettre aux femmes de consulter les fiches de paie d'hommes ayant un poste comparable. En Allemagne, depuis le samedi 6 janvier, une nouvelle loi permet aux salariées de demander à leur employeur ce que gagnent leurs collègues masculins. Marlène Schiappa, la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes avait qualifié ce dispositif de « bonne idée ».

VALORISER LE CONGÉ PATERNITÉ

Faciliter et accompagner l'entrepreneuriat des parents est capital. Et d'autant plus quand il est question des mères, qui effectuent toujours 71 % des tâches ménagères et 65% des tâches parentales. Quelle est la solution ? Tout d'abord, il s'agirait d'alléger fiscalement les frais de garde des enfants des créateurs d'entreprise (moins de 3 ans d'activité de l'entreprise), note Bertille Bourbon-Toutut du « réseau Mampreneurs ». Avant d'ajouter : « Il faut aussi valoriser le congé paternel en l'allongeant, en le rendant obligatoire et en mieux l'indemnisant », une piste à laquelle réfléchit le gouvernement.

* Classement Forbes-Pressedd

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